Novembre 2024
Novembre. J’ai tendance à appréhender ce mois pour son côté gris. Pendant longtemps, c’était pour moi « le mois à passer ». Et puis un jour, je suis partie à Cuba en novembre. En revenant, je me suis dit que c’était un super mois pour partir voyager (of course au soleil lol). Juste avant décembre, qui lui, est pour moi, le « sparkling month » ou mois des paillettes 💫
Cette année, les choses se sont faites par hasard ou plutôt, j’ai suivi le train de folie de cette année 2024 ! C’est comme si je lui courais après. Mon amie Pau vient me rendre visite pour un voyage spécial. Le destin nous a réunies à Bali, il y a 3 ans. On se rencontre dans une épreuve de vie. Pas le temps de mettre des masques. On fait front ensemble. Elle est mexicaine. Je suis française. Nous nous sommes rencontrées à Bali. Sur le départ, nous nous promettons de ne pas nous lâcher. Et c’est le cas. Les milliers de km qui nous séparent ne sont pas des obstacles, au contraire. Notre amitié continue et se renforce. Nous nous retrouvons à Barcelone en 2022. Puis le plan est de se poser quelques mois à Barcelone en 2023. Le plan change à ce moment-là, ce qui finalement ouvre un chapitre incroyable de ma vie. Ceci est une autre histoire que j’ai envie de vous conter 😉.
En 2024, on se rejoint pour un road-trip dans le pays basque espagnol. Quand nous sommes ensemble avec Pau, il y a toujours de la magie ou des « what are the odds » (quelles sont les chances que ça arrive !) qui nous entourent. Des aventures, des hasards, des rencontres. Nous partons direction Ondarroa, la ville de ses ancêtres. Lors d’une cérémonie avec une femme magique au Mexique, Pau reçoit le message qu’il y a quelque chose à faire pour ces ancêtres. Après quelques recherches, ils viennent d’Ondarroa. Let’s go ! Je lui dis que je trouve ça assez symbolique d’y aller début novembre.

La route vers Ondarroa est magnifique. On emprunte la route de la côte sur les bons conseils de mon ami Antonio. Il est hispano-français. C’est quelqu’un de passionné. C’est lui qui m’a tout appris sur l’histoire des tapas et qui a rectifié ma façon de dire oui en zozotant en espagnol. Il a fait un périple en van dans le País Vasco cet été, alors il me donne tous ces bons plans pour notre road trip (promis, je vous les transmets bientôt !)
La route serpente, on grimpe, ça annonce une belle vue ça ! Le ciel est bleu, le soleil est là, je suis obligée d’ouvrir le toit de mon carrosse, de ma partenaire in crime, ma voiture autrement prénommée Audette.

Je kiffe. La playlist roadtrip en fond sonore. On est bien. J’adore m’arrêter sur les beaux points de vue. On en prend plein les yeux et la musique est « fucking amazing » !!!

On arrive à Ondarroa. Il est presque 14 heures et il se fait faim 😜 (aka team foodie). On passe le petit pont de pierre et on s’imprègne du calme de ce petit village. Sur la rive gauche, se trouve le bar-restaurant Sutargi Jatetxea. Les gens sont assis en terrasse et sur les murs attenants. L’ambiance a l’air sympa. Allons-y !

Quand on entre dans le bar pour commander, l’ambiance est colorée et amusante. Je reconnais bien là l’ambiance basque. Ça parle fort, ça chante et c’est plein de joie de vivre ! On prend quelques tapas et on file se poser nous aussi sur le muret au soleil. Notre plan pour ce road trip ? Aucun. Rien réservé, rien planifié.



On passe l’après-midi à discuter avec Pau. On rit, on profite. Quand soudain, on l’aperçoit. Elle marche avec grâce. Elle est vêtue d’une robe beige et orange. Elle a les cheveux longs, bruns foncés, presque noirs. On se fait la réflexion : Wow, elle est super belle cette femme ! Elle dégage un truc de ouf. Elle ramasse les verres laissés par les clients à côté de nous. Avec sa gentillesse naturelle, Pau lui dit en espagnol qu’elle est super belle. Elle nous répond que la beauté est une chose, mais que le tout se situe dans la personnalité. Le ton est donné.
On commence à parler avec elle. Je comprends l’espagnol, mais il me manque le vocabulaire pour pouvoir m’exprimer couramment. Tout cela ne comptera pas, on trouvera la manière de se comprendre. La rencontre est magique. La base de la conversation se fait sur comment on est en tant que personne, en tant que femme. L’état d’esprit. Qui on est. Les valeurs que l’on a. Au bout d’un moment, elle appelle son mari avec qui elle était en train de prendre un verre à la base. Nous voilà à discuter avec Andrea et son mari. Pau lui explique la raison pour laquelle nous sommes ici. Tout le monde se connaît à Ondarroa. Ils lui présentent le propriétaire du restaurant, qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui pourra lui donner des informations. Et ce sera bien le cas ! Je souris intérieurement. J’adore ces hasards… ou ces rendez-vous 💫

Les heures défilent au gré des conversations. Le mari d’Andrea est censé travailler. Il est boulanger, elle travaille dans un salon d’esthétique. Ils nous invitent à manger chez eux. Il est 18 heures. Euh, ok, allons-y ! C’est à ce moment-là qu’ils nous demandent à quel hôtel nous allons. On n’a pas regardé ! Et c’est tout naturellement qu’ils nous invitent à dormir chez eux !! Là, je me sens vraiment comme dans Pékin Express ! Ce que je voyais à l’écran, j’avais des fois du mal à croire que ce n’était pas un montage pour la télé 😏. Non. Non, je vous le dis, cette générosité-là, ces aventures existent dans la vraie vie. Bien sûr, j’ai trois secondes de peur et des pensées dans ce sens. Puis je décide de faire confiance à ce que je ressens, à mon intuition. C’est safe, allons-y 💫

La suite de l’histoire. On dîne chez eux. Le mari d’Andrea finit par demander un jour off pour passer la soirée avec nous. C’est samedi soir. Ils veulent nous faire découvrir l’ambiance de Ondarroa. C’est tout petit, 2 rues principales et plein de vie. J’officie des mariages (instant pub perso 😊 ) et j’adore les gens. Je leur demande comment ils se sont rencontrés. Et là les amis, une autre histoire commence.
28 ans. 28 ans qu’ils sont ensemble. Ils se sont connus très jeunes. Ils nous parlent de leur philosophie de couple. Se dire les choses, prendre soin de l’autre, grandir ensemble. Quand elle parle, Andrea dégage une forme douce de leadership. Ni trop, ni pas assez. Quand ils parlent de leur couple, c’est équilibré. L’amour qu’il y a entre eux se voit dans la façon dont ils se regardent. Chacun donne sa contribution. C’est fluide, c’est apaisant. C’est vrai. C’est quelque chose que l’on ressent quand on les écoute, quand on les voit. Il parle de leur simplicité. De comment ils ont construit leur vie ensemble. Ils nous parlent aussi de comment ils surmontent les obstacles. Je suis touchée en plein cœur quand il parle. Depuis quelque temps, je suis touchée par les hommes qui s’expriment sur ce qu’ils vivent, ce qu’ils ressentent. Avec mes mariés, j’apprends sur les relations. Je guéris quelque chose chez moi. Je les accompagne à créer la cérémonie, le jour J qui leur ressemble. J’apprends en voyant, en entendant, en expérimentant. Je n’ai pas marié Andrea et son mari. Mais ils m’ont eux aussi apporté cela. Ça existe. Ce en quoi je crois existe. Ils dansent ensemble. Au sens propre comme au sens figuré, croyez-moi, ces deux-là savent enflammer le dancefloor ! Les larmes finissent par me submerger quand ils nous parlent de la promesse qu’ils se sont faite, car conscients qu’il peut se passer plein de choses dans la vie d’un couple. Ils se sont fait la promesse de ne jamais se faire de mal. De se respecter. Que s’ils étaient attirés par quelqu’un d’autre, ils arrêteraient la relation avant que quoi que ce soit ne se passe. Ils se sont fait cette promesse en se disant que si un jour ils se retrouvaient dans cette vie ou dans une autre, ils ne se seraient pas fait de mal. Et donc que l’histoire pourrait continuer. Mon cœur est rempli ❤️

Après cette séquence émotion, nous partons dans la rue en dessous de chez eux. Là encore, un petit bar à la décoration modeste. L’ambiance, elle, est à son comble. J’ai l’impression que tout le village est de sortie ! C’est normal ici !! Tous âges. Les plus âgés avec les plus jeunes. Je trouve ça génial. Le tenancier de bar est au taquet. On passe par les meilleures musiques espagnoles, les hits des années 90. Summum du kiffe, je suis on fire quand « What a feeling » est joué (spéciale dédicace à mon Bro), ça me rappelle mon adolescence. Ce moment, ce feeling où tout est possible, où je ne pense à rien qu’à m’amuser. Ça faisait longtemps que lui et moi on ne s’était pas connectés comme ça. Je ne veux plus le laisser partir. La chanson l’ancre.

22 heures. On a dansé et sauté partout comme des puces. Andrea et son mari veulent absolument nous emmener dîner chez leur ami. À ce moment-là, je me dis « ok, t’as plus de place mais tu peux pas dire non ». L’alcool aidant, j’ai acquis le niveau 3 en espagnol lol. C’est parti. On fera entrée – côte de bœuf ! – dessert sur fond de vins locaux. À minuit, on est cuites. On décide de rentrer se coucher. Andrea et son mari nous accompagnent chez eux… pour mieux ressortir s’éclater jusqu’au petit matin ! Excellent, j’adore !


Le lendemain. Dimanche matin. Grand soleil. La maison dort. Nous nous préparons à prendre la route pour la suite de notre aventure. Nous disons au revoir à Andrea. Son mari dort encore. Nous partons avec l’envie de nous revoir en août prochain pour les fêtes d’Ondarroa en tenues blanches et bleues.


La générosité, l’envie de partager, de transmettre, la passion pour leur village et ses habitants, cette volonté de prendre soin de l’autre d’Andrea et de son mari m’ont beaucoup inspiré. Cette rencontre a été un rappel en ce en quoi je crois. Je crois en l’Humain, dans les relations, les échanges. Je crois qu’il y a beaucoup plus de générosité, d’authenticité, d’envie d’aider qu’on ne le pense, qu’on ne le voit car on est abreuvé d’images, de drames, d’informations négatives à tout va. Je ne dis pas que rien ne se passe. Je pense simplement qu’on peut tous agir un peu à notre échelle. Changer de focus. Agir. La peur fait vendre. Le drame fait vendre. La pensée négative pèse plus lourd que la pensée positive, c’est ainsi aussi pour les images. Je crois cependant, aussi subtile qu’il puisse paraître, que le changement est en marche (je ne fais pas de politique, soyez rassurés). Je crois au fait de challenger le status quo car si on continue de faire « comme on a toujours fait », rien ne changera.
L’Humain. Les relations. L’évolution : ce sont des causes et sujets que j’ai plus que jamais à cœur de soutenir dans tout ce que je créerai et ferai. To be continued… ❣️

Muxu* comme on dit au Pays Basque les amis ☀️
* se prononce « moutchou » et veut dire bisous 😉
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